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Bamako : et si nous parlions du troisième pont ?

Au-delà des suspicions et de la superstition, posons-nous de bonnes questions concernant le troisième pont de la capitale Malienne.

Ces derniers jours ont été marqués par des événements plutôt inquiétants et anormaux sur le troisième pont, nommé par plusieurs personnes dernièrement comme le pont hanté. En intervalle d’une semaine, trois personnes se seraient jetées volontairement dans les eaux du fleuve Niger. Leurs points communs ? Ce sont des hommes, et ils se sont jetés du même pont.

Une de mes publications sur Facebook
Une de mes publications sur Facebook

Néanmoins, il convient de noter que toutes les personnes qui ont trouvé la mort dans les eaux à travers ce pont ne se sont pas jetées volontairement. De son inauguration en 2010 à nos jours, plusieurs véhicules ont fini leur course en dessous de cette infrastructure.

Un suicide, une fuite, un appel des diables « Djins » du pont ? La bonne question mérite d’être posée. Car, le bilan déjà lourd en perte de vies humaines et de dégâts matériels continuent d’augmenter. Des véhicules bennes, transports en commun, personnels et même des gros-porteurs sont tombés du dernier pont de la capitale.

Pourquoi spécifiquement le troisième pont ?

La première réponse du Malien lambda à cette question est : « le pont les attire en guise de sacrifice. » Or, quand on y réfléchit, des réponses plus adéquates et raisonnables peuvent être trouvées.

D’abord, il faut comprendre que la personne qui se donne la mort (suicide, fuite de responsabilité, égoïsme) ou appelons cet acte comme nous le voulons, ne le fait pas par plaisir. Il y a forcément un relâchement psychologique derrière. Cette dépression accrue, qui pousse certains à ne plus vouloir vivre et à voir en la mort une libération, peut avoir diverses sources, dont financières.

Donc, ceux qui se jettent, tentent un aller sans retour. Ainsi, le troisième pont devient stratégique, pour une décision déjà prise.

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A première vue, c’est un pont comme tant d’autres, alors qu’il convient de préciser qu’il est de loin le pont le plus haut de Bamako. Une chute du haut de ce pont est presque déjà fatale. Par ailleurs, c’est aussi le pont le plus éloigné de la brigade fluviale, donc, d’office, une intervention rapide est écartée, ce qui donne plus de ‘’chance’’ ou disons de malchance à la personne pour arriver à ses fins.

L’inattention des conducteurs

Si certains se jettent volontairement dans le fleuve, d’autres, en véhicules, finissent leurs courses dans les eaux du Niger par accident.

Le 3e pont, vu du coté de Missabougou.
Le pont de l’amitié

Au fond, il convient de noter que le troisième pont est le plus long de la capitale, mesurant plus d’un kilomètre et demi, il lie Missabougou (rive droite) à Sotuba (rive gauche). A la différence du pont des martyres et du pont Fahd, le pont de l’amitié sino-malienne est rarement embouteillé. A cet égard, la fluidité pousse certains à rouler en vitesse, souvent dépassée.

D’autres parts, le manque de concentration sur la route peut être la cause principale, comme l’indique Ousmane Bathily, qui emprunte ce pont presque chaque jour, « il ressemble à un serpent, à la différence des autres ponts qui sont droits, une grande vitesse peut être incontrôlable, en plus certains se permettent de communiquer au volant et entrent par surprise dans les virages. » Il convient de vite chercher une solution, ajoute l’opérateur économique.

Partant de ces constats, que le pont soit hanté ou pas, il faut au plus vite une branche de la brigade fluviale à Sotuba, ainsi qu’un centre de la protection civile à Missabougou. Une intervention rapide peut sauver des vies.

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maiga

Commentaires

Traoré Drissa
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Il faut laisser ceux veulent se suicider

Yerma Tun
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Il faut savoir pourquoi ils le font.